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cabillotDu désert au pouvoir : progrès réalisés lors de la 5e réunion ministérielle
Les représentants de six pays membres de l'Initiative Desert to Power ont approuvé, à Ouagadougou, des documents stratégiques clés pour stimuler la production indépendante d'électricité au Sahel, à l'occasion de la 5ème réunion ministérielle relative à l'initiative menée par la Banque africaine de développement (BAD).
La réunion a été présidée par Yacouba Zabré Gouba, ministre de l'Energie, des Mines et des Transporteurs du Burkina Faso, en présence des ministres de l'Energie de Djibouti, du Niger et du Tchad, ainsi que des représentants de leurs homologues du Mali et de la Mauritanie.
Cette importante réunion nous a permis de faire le point sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’Initiative Desert to Power et d’approuver deux documents stratégiques clés : le Protocole commun pour les producteurs indépendants d’électricité (IPP) et la Stratégie de promotion des mini-réseaux verts.
L'initiative « Du désert à l'énergie »
Lancée en 2019 par la BAD, l’initiative Desert to Power vise à transformer le vaste potentiel solaire de onze pays du Sahel – Burkina Faso, Tchad, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Mali, Mauritanie, Niger, Nigéria, Sénégal et Soudan – en un moteur de développement durable.
Le plan vise à produire dix gigawatts d’énergie solaire d’ici 2030, un exploit monumental qui promet d’apporter de l’électricité à 250 millions de personnes, dont beaucoup vivent encore avec d’extrêmes difficultés d’accès à l’énergie.
Le plan vise également à électrifier environ 90 millions de personnes pour la première fois dans l'histoire, les libérant ainsi de sources d'énergie dangereuses et nocives comme le kérosène et le bois de chauffage. Actuellement, environ 64 % de la population du Sahel vit sans accès à l'électricité, une situation qui freine les progrès en matière d'éducation, de santé et d'intégration économique.
Dotée d’une conception robuste, l’initiative repose sur cinq piliers : la production solaire connectée au réseau, le renforcement des réseaux de transmission régionaux, les solutions hors réseau et mini-réseaux, la préparation technique des opérateurs publics et la création de conditions favorables au secteur privé.
Parallèlement, le programme Mauritanie-Mali, avec une interconnexion de 225 kV, devrait garantir l’électricité à environ 100.000 XNUMX foyers, facilitant ainsi les échanges transfrontaliers d’énergie.
Le projet
La BAD a approuvé un montant initial de 379,6 millions de dollars spécifiquement destiné aux cinq pays du G5 Sahel – le Burkina Faso, le Tchad, le Mali, la Mauritanie et le Niger – pour financer de grandes centrales solaires et des systèmes de stockage, qui pourraient libérer plus de 500 MW supplémentaires, réduisant ainsi les émissions de plus de 14,4 millions de tonnes de CO₂ sur la durée de vie des projets.
Ces fonds destinés à l'initiative « Desert to Power » seront complétés par 150 millions de dollars du Fonds vert pour le climat, créant ainsi un effet de levier qui mobilisera jusqu'à XNUMX milliard de dollars d'investissements publics et privés. Parallèlement à cet investissement financier, les mécanismes de soutien technique et institutionnel seront renforcés.
Le Centre mondial pour l'adaptation fournit des outils pour évaluer les risques climatiques et guider les développeurs dans leur adaptation à l'énergie solaire lors de la planification. La BAD et ses partenaires ont également organisé des réunions ministérielles régulières et créé des unités nationales de coordination pour assurer une mise en œuvre harmonieuse.
Le Protocole commun « PIE », élaboré en étroite collaboration avec le groupe de travail Desert to Power et la Facilité africaine de soutien juridique (ALSF), établit des principes et des documents standardisés pour faciliter le développement de centrales solaires à grande échelle dans le cadre de partenariats public-privé (PPP).
L’objectif de la stratégie des mini-réseaux est de définir un cadre pour accélérer leur mise en œuvre et encourager la participation.
La 5e réunion ministérielle
Les ministres ont salué les progrès significatifs réalisés dans le cadre de l'Initiative « Desert to Power », notamment la mise en œuvre de plus de quinze projets, dont les premiers sont déjà opérationnels. Ils ont également souligné l'importance des efforts visant à renforcer la mise en œuvre.
Les échanges se sont poursuivis dans le cadre d'un atelier technique sur la modélisation financière, visant à renforcer les outils d'analyse financière pour la viabilité des sociétés nationales d'électricité au Sahel. La participation active des directeurs généraux et des directeurs financiers des sociétés nationales d'électricité à cette réunion souligne l'ancrage opérationnel de l'initiative.
Kevin Kariuki, vice-président chargé de l’électricité, de l’énergie, du climat et de la croissance verte à la BAD, a félicité les ministres, notant que le Protocole commun validé constitue un levier important pour accélérer le développement de projets solaires à financement privé au profit des populations du Sahel.
Il a également exhorté les pays à tirer parti de la Mission 300, un effort audacieux entre la BAD et la Banque mondiale qui vise à fournir un accès à l’électricité à 300 millions de personnes supplémentaires en Afrique d’ici 2030, pour favoriser l’accès universel à l’électricité dans leurs pays respectifs.
« Mission 300 est un mouvement fondé sur une action coordonnée, un leadership politique engagé et une exécution ciblée, dans lequel nous ne pouvons laisser aucun pays de côté. », il a déclaré.
En marge des travaux, les participants ont effectué une visite de terrain à la centrale photovoltaïque de Gonsin, au nord-ouest de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.
Cette centrale, d’une capacité installée de 42 MWc, construite dans le cadre de l’Initiative Desert to Power, dispose d’un système de stockage de dix mégawatts, illustrant parfaitement les résultats concrets et l’impact de l’Initiative au Burkina Faso.
Conclusion
Avec l'approbation du Protocole commun des producteurs indépendants d'électricité (IPP) et de la Stratégie pour la promotion des mini-réseaux verts, lors de la 5e réunion ministérielle de l'Initiative Desert to Power, l'engagement envers les modèles public-privé et les solutions décentralisées pour accélérer l'accès à l'électricité est confirmé.
Par ailleurs, l'appui technique et la participation des responsables financiers des entreprises nationales témoignent d'un engagement croissant en faveur de la viabilité économique et de la durabilité des projets. L'événement a renforcé le message : seuls des partenariats solides, un leadership politique et des instruments réglementaires efficaces permettront d'éclairer le Sahel.
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Image: © 2025 BAD
